Fermes

Fermes
(corpus photographique ouvert. Sélection)

Depuis l’arrivée de l’ère post-industriel, plus rien n’est pareil, plus rien n’est ce que je m’imaginais. Les familles à dix enfants procurant la main-d’oeuvre n’existent plus, À l’inverse, les instruments aratoires et les vestiges sont partout. Les granges-étables ou les hangars tombent en lambeaux. Les troupeaux de quinze vaches traites à la main, dans un nuage de mouches domestiques, sont passés à cinquante, cent, voire deux cent cinquante vaches traites à l’aide de robots.. Les injonctions économiques hissent les voiles. Les registres de trésorerie décrivant le passif et l’actif dictent le code de conduite, les banques exigeant de la performance.
Je n’examine pas notre façon de faire afin de la soumettre à l’interprétation. C’est plutôt une manière de regarder où résident les fermes sur le territoire. Ces exploitations agricoles qui, invinciblement lointaines, gravitent doucement dans une boucle de rétroaction qui, soit les fait croître canoniquement, soit les transforme en déserts.
Toutes ces terres en culture céréalière, jamais au repos, montrent une évolution en harmonie avec la manière dont nous interagissons avec elles. Je regarde ce qui est à notre disposition. D’abord il y a la topographie, la géographie, l’agencement avec des chemins de traverse, des infrastructures électriques ou ferroviaires, des vaches en stabulation entravée ou, parfois, libre, des robots de traite, des travaux d’enfouissement de drains, des semis à l’infinie, des monocultures qui donnent des récoltes en milliers de tonnes. Ensuite, il y a le territoire agricole qui confine les fermes à l’intérieur de ses frontières. Finalement, il y a des entreprises changeantes.
Une dynamique s’est installée et entretient des relations interconnectées à l’environnement, aux femmes, aux hommes et aux animaux, au gouvernement avec ses différentes politiques, aux consommateurs, à la courbe démographique, à la mécanisation, à la gestion de l’offre, à la vision capitaliste d’une exploitation agricole, à la spécialisation, aux quotas de production, à la régie des marchés agricoles, aux petits ou gros producteurs, et à la relève.
Apparaissent les empreintes sur la rétine de notre compréhension du monde. Ce territoire, nous le servons, à cause des liens que nous avons tissés avec le passé et les milieux de vie, à cause de ce que nous en tirons.

Farms
Since the arrival of the post-industrial era, nothing is the same, nothing is what I imagined. The families with ten children providing the labour no longer exist. On the other hand, the farm implements and the remains are everywhere. Barns or sheds fall to shreds. The herds of fifteen cows milked by hand, in a cloud of houseflies, have increased to fifty, one hundred, even two hundred and fifty cows milked by robots... Economic injunctions are on the rise. Treasury records describing liabilities and assets dictate the code of conduct, as banks require performance.
I do not examine our way of doing things in order to subject it to interpretation. It’s more a way of looking at where farms reside on the land. These farms, invincibly far away gently gravitate in a feedback loop that either makes them grow canonically or makes them disappear.
All these lands in cereal cultivation, never at rest, show an evolution in harmony with the way we interact with them. I’m looking at what’s at our disposal. First of all, there is topography, geography, the arrangement with crossroads, electrical or railway infrastructures, cows in stanchion or, sometimes, free cows, milking robots, drain burial work, infinite sowing, monocultures that yield crops in thousands of tons. Then there is the agricultural territory confines the farms within its borders. Finally, there are changing businesses.
A dynamic has developed and maintains interconnected relationships with the environment, women, men and animals, the government with its various policies, consumers, the demographic curve, mechanization, supply management, the capitalist vision of a farm, the specialization, the production quotas the governance of agricultural markets and small, large producers and the young and beginning Farmers’ Issue
The imprints on the retina of our understanding of the world appear. We serve this territory because of the ties we have forged with the past and with our communities, because of what we extract from it.

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