TEMREX et ces choses...

TEMREX et ces choses...
Dans le bal des fermetures et consolidations faisant valser tous les intervenants des exploitations des ressources terrestres, une fermeture d’usine forestière n’est qu’une copie jumelle de ce qui arrive partout ailleurs. L’objet unique de mon projet photographique est la scierie TEMREX de Saint-Alphonse-de-Caplan.

L’exploration de l’usine offre de nombreuses pistes. J’étais à l’affût des signaux du discernement dans un amas onirique confondant : portes, escaliers, outils, barils, moteurs, filtres. La senteur éprouvante préservait les traces humaines : gants, cartes de jeu, messages, calendriers, vêtements. Toutes ont acquis une valeur admise passagère, telles les ombres abandonnées dans une demi-obscurité, à la suite d’une dernière chorégraphie.

Dans leur fard de poussières illuminées, les choses se sont mises en scène pour être vues face au destin, commun au nôtre, pour qu’on comprenne qu’elles nous ressemblent. Agité par ces affections, je cherchais le détachement et accumulais une iconographie sur une industrie s’étant engouffrée dans un cul-de-sac, au bout duquel se trouve un modèle de développement individualiste.

Quelques années plus tard, un concours de circonstances fit que l’usine soit achetée par JAFFA, qui a fait table rase de ce passé. Etant une entreprise de l’économie circulaire, elle recycle et transforme nos délicieuses possessions éphémères, abandonnées, sans repentir, devant les maisons par les personnes qui les ont fabriquées, pour vivre, mais aussi pour que JAFFA leur donne une nouvelle vie.

Tel est le ressort intime de cette transcendance.

TEMREX and these things...
In the ball of closures and consolidations that pushes all stakeholders in land-based resource operations to the brink, a forest mill closure is just a twin copy of what happens everywhere else. The unique object of my photographic project is the TEMREX sawmill in Saint-Alphonse-de-Caplan.

Exploration of the plant offers many avenues. I was on the lookout for the signals of discernment in a confusing dream-like mass : doors, stairs, tools, barrels, motors, filters. The tiring scent preserved human traces : gloves, game cards, messages, calendars, clothes. All have acquired a temporary accepted value, such as shadows abandoned in half darkness, following a final choreography.

In their shadow of illuminated dust, things are staged to be seen in front of destiny, common to ours, so that we understand that they resemble us. Agitated by these affections, I sought detachment and accumulated an iconography on an industry having rushed into a cul-de-sac, at the end of which is a model of individualistic development.

A few years later, a combination of circumstances caused the factory to be bought by JAFFA, which made a clean sweep of this past. Being a circular economy enterprise, it recycles and transforms our delicious ephemeral possessions, abandoned, without repentance, in front of the houses by the people who made them, to live, but also for JAFFA to give them a new life.

Such is the intimate driving force behind this transcendence.

sans titre no.3 ©Albert Picard sans titre no.6 ©Albert Picard sans titre no.9 ©Albert Picard sans titre no.2 ©Albert Picard sans titre no.8 ©Albert Picard sanss titre no.12 ©Albert Picard sans titre no.13 ©Albert Picard sans titre no.1 ©Albert Picard sans titre no.4 ©Albert Picard sans titre no.16 ©Albert Picard sans titre no.20 ©Albert Picard sans titre no.25 ©Albert Picard
TEMREX et ces choses...

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