Quartiers d’intérieur

QUARTIERS D’INTÉRIEUR

J’ai toujours aimé photographier les habitations. Un jour j’ai été intrigué par celles que l’on retrouve disséminées un peu partout sur le territoire où a élu domicile ma propre maison. Ma caméra s’est d’abord attardée dans mon quartier, puis s’est déplacée vers trois autres villages de la région de la Baie-des-Chaleurs, en Gaspésie.

La rue où j’habite a été ouverte il y a un peu moins d’une douzaine d’années. Tous les terrains qui étaient disponibles à l’époque sont maintenant occupés par autant de maisons. La première a été construite, en 2005, par le propriétaire, un enseignant en mécanique de machinerie fixe au secondaire. ll s’est marié à une comptable de profession ayant mis au monde trois enfants qui, plus tard, ont quitté la maison pour aller gagner leur vie d’adulte. Aujourd’hui, en 2016, il y a douze enfants qui habitent dans seize maisons. Très peu de ceux-ci occupent la rue pour jouer. Elle semble réservée pour l’usage des vingt-neuf automobiles et camions mariés aux maisons.

Ces maisons, en majorité, même si ce n’est pas apparent, ont été construites en usine. Elles forment la nouvelle brigade des "unités de voisinage". Un air de famille s’en dégage et que j’ai accentué en infographie. Elles semblent inhabitées, se font discrètes, à l’instar des arbustes plantés dans l’aménagement paysagé. L’anonymat est omniprésent : des critères d’esthétisme conformes aux règles assez limitées, dès lors répétitives, ont été appliqués par les promoteurs et les paysagistes qui sont passés par là.

Absence d’enfants, absence du dépanneur du coin, absence de trottoirs, absence du parc de quartier, absence de chiens dormant sur les perrons. Ces maisons rêvées sont devenues le mode de vie de l’ordinaire sans histoires de ses habitants.

Interior neibourhoods

I’ve always liked to photograph houses. One day, I was intrigued by those found scattered all over the territory where my own home was located. My camera first went into my neighbourhood and then moved to other villages in the Baie-des-Chaleurs region of Gaspésie.

The street where I live was opened just under a dozen years ago, around 2004. All the land that was available at the time is now occupied by so many houses. The first was built in 2005 by the owner, a high school teacher of stationary machinery mechanics. He married an accountant by profession, who has since given birth to three children who have left home to earn their living as adults. Today, in 2016, there are twelve children living in sixteen houses. Very few of them occupy the street to play. It seems to be reserved for the twenty-nine cars and trucks married to the houses.

The majority of these houses, although not apparent, were built in factories. They form the new "neighbourhood unit" brigade. A family resemblance emerges and that I accentuated in computer graphics. They seem uninhabited, discreet, like the shrubs planted in landscaping. Anonymity is ubiquitous : aesthetic criteria in accordance with the rather limited, and hence repetitive, rules were applied by the promoters and landscapers who went through it.

No children, no corner convenience store, no sidewalks, no neighbourhood park, no dogs sleeping on the steps. These dream houses have become the way of life of the ordinary without stories of its inhabitants.

matricule no.1 ©Albert Picard matricule no.2 ©Albert Picard matricule no.3 ©Albert Picard matricule no.4 ©Albert Picard matricule no.5 ©Albert Picard matricule no.6 ©Albert Picard matricule no.7 ©Albert Picard matricule no.8 ©Albert Picard matricule no.9 ©Albert Picard matricule no.10 ©Albert Picard matricule 11 ©Albert Picard matricule no.12 ©Albert Picard
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