Voir la mer

Voir la mer (Corpus photographique ouvert. Sélection)

La route 132 circonscrit complètement la péninsule gaspésienne et est pratiquement le seul lien routier qui longe la mer. Si on veut éviter les élans romantiques et tous les clichés qu’elle suscite, les cartes postales se chargeant très bien de l’affaire, photographier la mer n’est pas une chose aisée. Un jour, un ancien m’a avoué qu’il ne la voyait plus.
Un autre jour, alors que je faisais dérouler les kilomètres sous ma voiture, j’ai dû admettre que même mon propre regard, qui n’a pas le nombre des décennies vécues près d’elle, n’avait, pour portée, que celle que m’enseigne ma culture. Un ingénieux savoir-faire permet d’accrocher sur la frange saline une infrastructure, pas toujours ronflante comme la Légion d’Honneur, qui forme ses fils actifs de tissu conjonctif. Une tenture tombe et recouvre tout ce qui est bleu : le ciel, la mer et la neige.
L’importance de la mer est toujours présent mais l’indifférence à son égard se gonfle. Résulte un regard subvertissant notre attirance envers la mer. La dissimuler est un acte volontaire et socialement acceptable. Nonobstant ce, Pâques sera célébré, pas par allégeance confessionnelle, mais parce que les tables accueilleront ces crabes qui, dans leurs migrations, se sacrifient pour nous nourrir.
Il n’y a pas d’autre solution. Nous baignons dans ces embarrassantes contradictions, car nous sommes si dépendants de la mer.

Looking at the sea
Road 132 completely circumscribes the Gaspé Peninsula and is practically the only road link along the sea. If we want to avoid the romantic impulses and all the clichés that it arouses, the postcards taking care very well of the affair, photographing the sea is not an easy thing, One day, an elder confessed to me that he did not see it any more.
Another day, as I was driving the miles under my car, I had to admit that even my own gaze, which does not have the number of decades lived near it, had, for scope, only that which my culture teaches me. An ingenious know-how makes it possible to hang on the saline fringe an infrastructure, not always snoring like the Légion d’Honneur, which forms its active connective tissue threads. A hanging falls and covers everything that is blue : the sky, the sea and the snow.
The importance of the sea is still present but the indifference towards it is growing. Results a look subverting our attraction towards the sea. Hiding it is a voluntary and socially acceptable act. Notwithstanding this, Easter will be celebrated, not out of confessional allegiance, but because the tables will welcome these crabs who, in their migrations, sacrifice themselves to feed us.
There is no other solution. We are bathed in these embarrassing contradictions, because we are so dependent on the sea..

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