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Saint-Antoine-de-Padoue

Saint-Antoine-de-Padoue

Tous ces objets manufacturés, trouvés lors de pèlerinages quotidiens, ne sont pas des galets de Jade vieux de milliers d’années. Mais depuis plusieurs siècles, il apparaît que les sapiens savent faire la distinction. La conclusion la moins controversée, pour l’instant, est que nous sommes devant des indications sérieuses d’une conscience affirmée que ces découvertes ne sont pas plus éternelles que les sapiens.

Sur mon trajet quotidien de pèlerin, il m’arrive de penser au "rang de misère", un mot que les anciens avaient choisi pour nommer le lieu où ils avaient émigré pour vivre. Ce qu’ils voulaient dire, c’est qu’ils en avaient eu, de la misère, à défricher, enlever les pierres et cultiver les lopins. Le territoire choisi l’avait ainsi voulu.

Depuis quelques années, je marche sur le long d’un rang comptant un cultivateur encore actif, soit une représentation de seize pour cent des six familles établies au milieu du siècle passé. Le mot misère a été remplacé par "route Cochrane" , comme si on avait voulu magnifier le lieu d’origine.

J’y trouve des objets possédant une qualité sacrée, ayant le potentiel de développer un langage visuel empreint d’empathie pour celles qui ont été les dernières personnes à les toucher. Mon approche photographique interpelle leur esthétisme. Tout devient plus clair : témoignage de dépossession, mémoire faillie, image réfléchie de nous-mêmes.

Contrairement au jade qui possédait, selon certaines croyances, des pouvoirs de guérison ou d’éloignement des mauvais esprits, on invoque parfois Saint-Antoine-de-Padoue pour recouvrer la santé ou retrouver des objets perdus. (1) Nombreux n’ont jamais été retrouvés. À l’instar des cultivateurs, ils disparaissent graduellement de la vue.

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